D E M A R C H E


Ma pratique artistique se déploie à partir de gestes répétitifs et lents : imprimer, broder, modeler ; qui engagent un rapport direct à la matière et au temps.

À travers ces processus, j’explore des états de transformation : ce qui se dépose, se superpose, s’altère ou disparaît. Les formes émergent par accumulation ou contrainte, produisant des images instables, situées entre apparition et effacement.

Le végétal traverse l’ensemble de mon travail comme un langage. À la fois motif, empreinte et structure, il permet de penser des dynamiques de prolifération, de mémoire et d’interdépendance. Les images qui en résultent oscillent entre figuration et abstraction, entre trace et présence.

Mes recherches se développent par le passage d’un médium à l’autre : gravure, textile, céramique, volume ; chaque matériau introduisant sa propre résistance, sa temporalité et sa manière d’inscrire le geste. Ce déplacement n’est pas une variation formelle, mais une manière d’éprouver une même question dans différents états de matière.

En filigrane, mon travail interroge la manière dont les formes, les textures et les empreintes peuvent porter des récits, contenir des mémoires ou traduire des états sensibles. Il s’inscrit également dans une attention aux modes de transmission, à travers des formes ponctuelles de collaboration ou d’intervention, où l’espace de création devient aussi un espace de partage.

︎PENELOPE

Le passage du temps : comment le saisir, à quoi sert-il ?  Cette série de broderies rend hommage au personnage homonyme dans L’Odyssée.

Dans ce poème épique, après le départ d’Ulysse et en espérant qu’il revienne, son épouse Pénélope décide de tisser (et détisser en cachette) un tapis, donnant une justification mais aussi une matérialité à son attente : le temps s’écoule et l’objet grandit.

L’ensemble des pièces sert ainsi d’évidence, il matérialise le temps qui s’écoule avec chaque noeud.
Au-delà de cette notion, chaque pièce est un exercice méditatif autour d’un sujet : la dualité ombre et lumière (Eclipse), la fragilité du corps (Scar, Blood), l’idéalisation de la nature (Green scenery, Waterfall, Galaxies).



🖑 fil, aquarelle, perles sur canvas
Dimensions variables | 2020
Catalogue détaillé sur demande



How to grasp the passing time?  This series of embroideries pays tribute to the character of the same name in the epic poem The Odyssey : After the departure of Ulysses and hoping for his return, his wife Penelope decides to weave (and secretly unweave) a carpet, giving justification but also materiality to her waiting, as time passes the object grows. While all the pieces materialize the time that elapses with each knot, each in its individuality is a meditative exercise around a subject: the duality of light and shadow (Eclipse), the fragility of the body (Scar, Blood), the idealization of nature (Green scenery, Waterfall, Galaxies).










© Juli Estrada ~ Parenthèses